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Un entretien avec Jean-Claude Rolinat, l’auteur :
Jean-Claude ROLINAT, vous venez de publier, dans la Bio collection (co-éditée par Déterna et Synthèse nationale) un ouvrage consacré au général Pinochet. Le sous-titre de votre ouvrage évoque le « miracle chilien ». Qu’est-ce qui permet cette affirmation ?
JCR – Nous savons que les ennemis du Chili des années 1980 et 1990 parlaient du « mythe » chilien et non du « miracle » économique. Il n’empêche que lorsque l’armée a pris le pouvoir le11 septembre 1973, l’inflation tutoyaient les180 % ! La gabegie régnait dans la fonction publique aux effectifs hypertrophiés.
Le socialisme d’Allende a permis l’embauche de deux fois plus d’ouvriers que nécessaire, notamment dans les mines de cuivre. Certes, le plein emploi était partiellement assuré, mais à quel prix ! Les femmes descendaient dans les rues en tapant sur des casseroles pour réclamer tout simplement de quoi faire « bouillir la marmite ». Le peuple avait faim. La politique libérale mise en place par « les Chicago boys » pendant la mandature de Pinochet, s’il est vrai, qu’elle a accentué les différences de niveau de vie entre les classes sociales, a tout de même permis au Chili de décoller économiquement, et de devenir, bien plus tard, le « petit jaguar » de l’Amérique latine. Et puis, surtout, il y a eu la restauration de l’ordre.
Avec le régime socialo-communiste, le Chili sombrait petit à petit dans l’anarchie. En fait, toutes proportions gardées, on pourrait faire un parallèle avec l’Espagne d’avant-guerre et post-guerre civile.
Justement, cet aspect autoritaire du régime n’expliquerait-il pas ce déferlement de haine à l’encontre de la personnalité de Pinochet ?
JCR – Les mondialistes avant l’heure, les progressistes de tous poils, les guérilléros de banlieue n’en sont toujours pas revenus : comment était-il possible qu’une armée réputée légaliste dans un continent où les pronunciamientos étaient monnaie courante, puisse sortir de ses casernes, et renverser un président légalement élu? D’ailleurs, il conviendrait de préciser à nouveau que le docteur Salvador Allende n’avait été élu par le parlement qui siège à Valparaiso, qu’au deuxième tour seulement, et grâce aux ralliements des démocrates chrétiens. D’ailleurs, ils s’en mordront rapidement les doigts, car la machine totalitaire marxiste allait rapidement se mettre en mouvement. L’insécurité, les nationalisations, les rationnements allaient provoquer dans le peuple un retournement de situation. Les camionneurs, avec leurs grèves sévères, ébranlèrent le régime. L’ejercito allait lui donner brutalement le coup de grâce le 11 septembre 1973.
Après avoir neutralisé par les armes Allende et son gouvernement, les hiérarques des forces armées chiliennes portèrent à la tête d’une junte provisoire de gouvernement, le capitaine-général Augusto Pinochet. Cet homme à l’allure sévère, portant une cape sur sa tenue, chaussant des lunettes aux verres fumés, faisait, à droite, comme une sorte d’écho à gauche, au général polonais Jaruzelski. Une image facilement caricaturable pour la gauche et l’extrême-gauche, qui faisaient de cet homme un abominable « père fouettard ». En vérité, ce militaire, confirmé par deux fois par référendum à la tête de l’État, du 17 décembre 1974 au 11 mars 1990 , n’était pas ce que l’on peut appeler un « dictateur ». Il y eut de nouvelles institutions mises en place et surtout, surtout, il abandonna le pouvoir après avoir connu un échec lors de sa troisième tentative électorale. Honnêtement, vous en connaissez beaucoup, vous, des autocrates qui abandonnent le pouvoir, après un échec populaire avec, tout de même, un score honorable frôlant les 42/45 % ? En quittant le palais de La Moneda, Pinochet donnait une bonne leçon de démocratie. Grâce à son action, le Chili a retrouvé la voie de la prospérité et celle d’une vie politique normale. De plus, il a éradiqué la subversion marxiste qui, les armes à la main, tentait de déstabiliser le pays.
Et ça, la gauche ne pouvait pas lui pardonner, mettant en avant un nombre considérable de victimes qui ne correspondait pas à la réalité. Rien à voir avec les « disparus » d’Argentine sous le régime des généraux, à Buenos-Aires !
Quel est l’héritage des 16 années de pouvoir de Pinochet ? A-t-il eu des héritiers ?
JCR – Le général Augusto Pinochet, redisons-le, a rétabli l’ordre, a rassuré les capitaux et remis l’économie sur les rails du progrès. Il ne s’est pas cramponné au pouvoir, même s’il resta commandant en chef de l’ejercito jusqu’en 1998. Il a surtout évité que le Chili ne devienne un deuxième Cuba dans le monde latino-américain. Rien que pour cela, il mérite un coup de chapeau, quand on voit dans quelle misère se débattent les malheureux habitants de cette belle île des Caraïbes…
A-t-il eu des héritiers me demandez-vous ? D’une certaine façon, oui, notamment les présidents Sebastian Pinera, en place de 2017 à 2022 et, dernièrement, le président Kast élu en 2026. Si ces deux hommes ne se sont pas formellement revendiqués du « pinochetisme », il y a bien une filiation idéologique. Et puis, comme vous pouvez le constater, il y a comme une sorte de lame de fond droitière qui déferle sur le continent, au sud du Rio Grande del Norte : au Costa-Rica, au Salvador, en Equateur, en Argentine et, tout récemment, au Pérou et en Colombie, avec respectivement l’élection victorieuse de dame Keiko Fujimori, et celle d’Abelardo de La Espriella à Bogota. Sans oublier l’épisode Bolsonaro au Brésil, dont le fils pourrait peut-être mettre un terme à l’épisode Lula. En Amérique latine comme ailleurs, les peuples veulent la stabilité et pouvoir manger à leur faim, particulièrement dans le tiers-monde. Ils n’ont pas besoin de slogans politiques.
L’auteur : Né en 1944, Jean-Claude Rolinat fit une grande partie de sa carrière au Conseil régional d’Ile-de-France. Il fut aussi, des années durant, élu local dans une petite commune francilienne. Passionné par l’histoire et par les voyages, il a publié une trentaine de livres dont plusieurs Cahiers d’Histoire du nationalisme (Mannerheim, Les Péron, La Grèce des colonels…).
Il fut l’un des fondateurs de National hebdo dans les années 80. Régulièrement il collabore à la revue Synthèse nationale ainsi qu’au site EuroLIbertés.








